Maison passive : les 5 conseils d’un expert

  • Mis à jour le 05.07.2022
  • Temps de lecture : 3 min

Un habitat qui serait autonome en énergie, voire qui consommerait moins que ce dont il aurait besoin pour fonctionner, ce n’est plus une utopie ! Julien Roussin s’est lancé dans la construction d’une maison passive. Retour d’expérience avec ce passionné de van.

© Karolina Krupa

La maison passive — également appelée maison bioclimatique — est une typologie d’habitat quasiment auto-suffisant sur le plan énergétique. Julien Roussin, créateur de Go Van et de Camp de base nous éclaire sur ce mode de construction !

Ampoule

Bon à savoir !

Le premier label de logement passif, Passivhaus, a été lancé en Allemagne à la fin des années 1980 par le docteur en physique Wolfgang Feist, alors directeur du Passivhaus Institut. Il faudra attendre 2008 pour que la France reçoive la première labellisation de deux habitats passifs (situés dans l’Oise).

1/ Quelle est votre conception de la maison passive ?

L’objectif poursuivi est d’emmagasiner les sources d’énergies naturelles et renouvelables en tirant profit du soleil, de la pluie, etc. Bien entendu, il s’agit d’une démarche écoresponsable et ce dès la conception ou la rénovation du bâtiment. Brique, pierre ou bois présentent de grands atouts, car ils permettent par exemple l’été de conserver la chaleur et de la rediffuser dans tout l’habitat.

2/ Un conseil pour choisir un terrain sur lequel construire sa maison passive ?

Il faut avant tout être vigilant sur l’orientation ! Vous le savez probablement, une exposition sud permet de profiter du soleil à toutes les heures de la journée. Et l’orientation du sud-ouest reste idéale pour bénéficier de la chaleur de fin de journée.

© Karolina Krupa

3/ Comment assurez-vous le confort thermique de votre logement ?

L’isolation et la ventilation sont les deux éléments clés pour réduire toute perte de chaleur. La sélection des matériaux — et surtout leur épaisseur — utilisés pour isoler le toit, les murs et le sol est donc une étape importante. Pour notre maison nous avons opté pour une isolation en panneau SIP (mix à base d’uréthane). Concernant le toit nous avons ajouté une base de cellulose, soit de la fibre de papier réputée comme isolante, écologique, économique et insonorisante

À ce sujet, la rédaction vous rappelle que pour ventiler votre espace, la meilleure option est sans le moindre doute la VMC double-flux. Ce système qui extrait l’air vicié tout en insufflant de l’air neuf filtré dans une pièce permet de conserver un intérieur sain chez soi sans s’exposer à l’humidité. Même si on les retrouve maintenant dans des logements éco-conçus, la VMC double-flux reste l’équipement de référence dans une maison passive, puisqu’elle évite les variations de températures de l’air, et donc des déperditions d’énergie.

© Karolina Krupa

4/ Et concernant l’électricité, comment vous en procurez-vous ?

Ici (Julien vit au Canada, NDLR), pas de secret, il faut s’appuyer sur ce que nous offre la nature : l’eau et le soleil. Si vous avez à proximité de chez vous des cours d’eau exploitables, n’hésitez pas à saisir votre chance en vous lançant dans l’énergie hydraulique. En effet, cette technique utilisée par les centrales hydroélectriques peut parfaitement être adaptée à une moindre échelle, et surtout sans limite ! Toutefois, comme il est rare d’avoir une source d’énergie suffisamment conséquente à portée de main, vous pouvez également miser sur le soleil !

L’installation de panneaux solaires photovoltaïques vous permettra de transformer la lumière en électricité. D’ailleurs, si vous le pouvez, il est également possible de se munir de panneaux solaires thermiques qui, à l’aide de capteurs, utilisent la chaleur du soleil pour produire de l’eau chaude.

5/ Un conseil pour rendre son logement plus « passif » ? 

Les fenêtres et le triple vitrage ! Opter pour des modèles bien isolants représente un coût assez conséquent. Mais rassurez-vous, les frais engagés seront rapidement amortis grâce aux économies réalisées… 

Stylo

Avis d’expert

Si vous souhaitez adopter des modes de vie plus écoresponsables, n’hésitez pas à récupérer les eaux pluviales et à les réemployer pour vos sanitaires ou encore pour arroser vos plantes d’intérieur ou votre jardin. Cela vous permettra de réduire d’au moins 40 % votre consommation d’eau potable.

Bien entendu, construire et vivre dans une maison passive demande beaucoup de temps et d’engagement. Si vous souhaitez expérimenter ce mode de vie avant de franchir le pas, n’hésitez pas à vous rendre en vacances au sein d’un éco-hébergement. Cela vous donnera un aperçu plus précis de ce type de logement et vous permettra d’échanger avec des personnes qui l’habitent au quotidien.