C’est un fait acquis : engager des travaux de rénovation énergétique permet de réaliser des économies d’énergie et de profiter d’un logement plus confortable. Cependant, un rapport réalisé par l’Institut négaWatt en partenariat avec la SEM Energies Posit’IF révèle l’intérêt de mener une rénovation globale plutôt que d’enchaîner les travaux. Décryptage.

Le 18 juin dernier, l’Institut négaWatt et la société d’économie mixte (SEM) francilienne Energies Posit’IF ont rendu publique leur étude intitulée  « Résorber la précarité énergétique et rénover les passoires thermiques – Solutions innovantes et prêtes à déployer pour rendre accessible à tous la rénovation performante des maisons individuelles ». Alors que la loi de transition énergétique de 2015 fixe l’objectif d’un parc bâti performant à l’horizon 2050, avec des constructions répondant aux critères du Bâtiment Basse Consommation (BBC), l’étude met en cause les moyens mis en œuvre pour réduire la précarité énergétique affectant 5,6 millions de ménages en France. De fait, la stratégie gouvernementale vise une rénovation par étapes, avec des travaux successifs (remplacement d’un système de chauffage vieillissant au profit, par exemple, d’une chaudière de nouvelle génération, isolation des combles ou encore changement des menuiseries). Or, cet étalement aurait pour effet des « coûts cumulés des travaux plus élevés, [une] dégradation de la qualité de l’air intérieure faute de ventilation adaptée, des économies d’énergie générées plus faibles qu’attendues ».

Effectuer une rénovation complète : un moyen de réaliser davantage d’économies d’énergie, plus rapidement.

Une rénovation énergétique globale

Selon l’Institut négaWatt et la SEM Energies Positit’IF, une rénovation globale et menée lors d’une unique phase de travaux s’impose comme une solution plus efficace et performante. Pour y parvenir, l’étude appelle de ses vœux une optimisation et une simplification des dispositifs financiers actuels. Les différentes aides pourraient être remplacées par un prêt bonifié unique, mobilisant de façon optimale les différents mécanismes existants (CITE, Eco prêt à taux zéro, aides de l’ANAH…). Grâce à ces fonds, déjà alloués à la rénovation énergétique, un « équilibre en trésorerie » pourrait être trouvé. Ainsi, à dépenses publiques égales, ce prêt unique permettrait de financer plus de 600 000 rénovations complètes, contre quelques milliers actuellement.

Un pré-financement pourrait en outre permettre aux ménages d’engager plus rapidement leurs travaux car les mensualités du prêt bonifié seraient inférieures ou égales à la facture de chauffage « avant travaux ». Cet « équilibre en trésorerie » aurait pour effet de « transformer des factures de chauffage, qui ne bénéficient pas au territoire ni au Pays, en investissement pour l’emploi local ». Pour contrôler le suivi des travaux et la réalisation des objectifs, un « tiers de confiance » devrait être désigné. La création de groupements d’artisans locaux compétents est également nécessaire pour permettre aux ménages de trouver des professionnels à proximité de chez eux, capables de proposer des solutions pertinentes dans le cadre d’une rénovation complète.

Selon l’Institut négaWatt, il y a véritablement urgence à agir pour améliorer les performances d’un parc immobilier français semée de « passoires thermiques », dans lesquelles les factures d’énergie s’envolent alors même que le confort se dégrade. Une rénovation globale permet de « diviser par quatre à huit » les consommations de chauffage. Moralité ? Dans l’attente d’une réforme profonde des dispositifs de soutien financier, la réalisation d’un bouquet de travaux semble une piste intéressante à suivre afin d’optimiser ses économies d’énergie. N’hésitez pas à prendre contact avec un conseiller du réseau national FAIRE pour savoir à quelles aides vous pouvez prétendre.

Pour en savoir plus : Découvrez l’étude dans son intégralité.

Noëlle Hermal © AdC – L’Agence de Contenu

 

A lire aussi dans le Magazine :