Depuis le 17 mars, les mesures de confinement instaurées pour lutter contre le COVID-19 entraînent un net ralentissement des activités. Les bénéfices pour l’environnement ont été rapidement observés, en France comme à l’étranger.

« A quelque chose malheur est bon », déclare le proverbe. Force est de le constater dans la crise sanitaire que connaît actuellement la France et plus largement, la planète ! Si le confinement provoque un fort ralentissement économique, il est aussi source de bienfaits directs pour l’environnement.

Confinement : la pollution sonore en baisse

Le premier signe flagrant est la réduction de la pollution sonore : 75 à 87% de baisse en Ile-de-France, le long des axes routiers, selon Bruitparif. Les voitures, bus, trains, camions et avions, bien moins nombreux, permettent aux habitants – et particulièrement aux citadins – d’apprécier le chant des oiseaux. Selon Jérôme Sueur, éco-acousticien et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, l’activité humaine et industrielle est pour les animaux une « source de stress, de fatigue, de dérèglements physiologiques. » Le calme actuel pourrait ainsi permettre d’« augmenter la survie des animaux chanteurs, faciliter leur reproduction ». Les agents du parc national des Calanques de Marseille observent eux aussi une détente de la faune marine : certaines espèces se montrent davantage, à l’image des dauphins, hérons, thons, fous de Bassan et puffins.

La qualité de l’air en hausse

Moins de circulation sur les routes et dans les airs, moins d’activités industrielles… Logiquement, la qualité d’air en profite pour reprendre des couleurs ! Différentes régions de France ont constaté une réduction des polluants dans l’air. Airparif a notamment relevé une baisse de « plus de 60% pour les oxydes d’azote », source d’une amélioration de « 20 à 30% » de la qualité de l’air en région parisienne. Cette tendance se vérifie aussi dans les autres agglomérations du pays.

Des bénéfices en Europe et dans le monde

Les observations positives pour l’environnement ne sont pas limitées à la France. Ainsi, l’Observatoire royale de Belgique a relevé une réduction du « bruit sismique » de 30 à 50%. En plus d’être bruyants, les trafics routiers et ferroviaires, l’activité industrielle sont aussi à l’origine de vibrations !

La pollution est également en baisse, en Europe et ailleurs. Les cartographies réalisées par les satellites de l’Agence spatiale européenne montrent clairement ce fait. La baisse de dioxyde de carbone est évaluée à 30% sur le continent. A Venise, le départ des touristes et l’arrêt des bateaux à moteurs ont permis aux eaux des canaux de retrouver leur transparence. Le retour des poissons dans la cité des doges est une preuve flagrante d’embellie environnementale !

En Chine, où a démarré l’épidémie de COVID-19 et où ont été instauré initialement les mesures de confinement, on a observé un recul des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 100 millions de tonnes par rapport à l’an dernier. Une étude réalisée par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) révèle une réduction de la consommation de charbon et pétrole d’« au moins 25% » sur une période comparable, « équivalente à 6% des émissions mondiales sur cette période ».

Même tendance aux Etats-Unis : des chercheurs de l’université de Colombia rapportent une baisse de 5 à 10% des émissions de CO2 dans la ville de New York, avec un trafic automobile diminué de 35% par rapport à la même époque en 2019. Ces chiffres observés durant la semaine du 16 mars, alors que le pays n’appliquait pas encore strictement les mesures de confinement, laisse augurer une réduction significative de la pollution dans les prochains jours. Et si cette embellie environnementale est éphémère, elle n’en est pas moins précieuse. « Ce qui est pris est pris », comme le dit un autre proverbe !

Noëlle Hermal © AdC – L’Agence de Contenu

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